FORMULARIS.Nous contacter

Fermer une entreprise

Dissolution d’une EURL : la procédure

La dissolution d'une EURL expliquée pas à pas : décision, documents à réunir, dépôt au Guichet unique et délai moyen.

La dissolution d'une Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL) constitue la première étape incontournable de sa fermeture. Cette démarche, bien que simplifiée par la présence d'un associé unique, implique le respect d'un certain nombre de formalités légales et administratives. Elle marque la décision irrévocable de mettre fin à l'activité de la société et précède la phase de liquidation, au cours de laquelle le patrimoine de l'entreprise sera réalisé pour apurer son passif.

Les spécificités de la dissolution d'une EURL

L'EURL, en tant que société à associé unique, bénéficie de procédures de dissolution allégées par rapport aux sociétés pluripersonnelles. La prise de décision est simplifiée, mais les étapes de publicité et de dépôt des formalités restent similaires pour garantir l'information des tiers.

La décision de l'associé unique

Dans une EURL, la décision de dissoudre la société relève de la seule volonté de l'associé unique. Cette décision est formalisée par un procès-verbal (PV) de dissolution. Ce document est capital car il acte la volonté de mettre fin à l'activité de l'entreprise et lance officiellement le processus de fermeture. Il doit être rédigé avec précision et comporter des mentions obligatoires.

Le rôle du liquidateur amiable

La dissolution d'une EURL entraîne la nomination obligatoire d'un liquidateur. Ce dernier est chargé de réaliser les opérations de liquidation, c'est-à-dire de vendre les actifs de l'entreprise, de recouvrer les créances, de payer les dettes et, le cas échéant, de répartir le solde aux associés. Dans une EURL, l'associé unique peut se nommer lui-même liquidateur. Le liquidateur est désigné dans l'acte de dissolution.

Les étapes clés de la dissolution d'une EURL

Le processus de dissolution d'une EURL s'articule autour de plusieurs moments clés, de la décision initiale à l'enregistrement de la formalité. Chaque étape doit être scrupuleusement respectée pour garantir la validité de la procédure.

La décision formelle de dissolution

La première étape consiste à rédiger le procès-verbal de dissolution. Cet acte authentifie la décision de l'associé unique de dissoudre la société et nomme le liquidateur. Il fixe également le siège de la liquidation, qui peut être le dernier siège social de l'EURL ou toute autre adresse définie par l'associé unique. Ce document est la pierre angulaire de toute la procédure à venir.

La publication de l'avis de dissolution

Afin d'informer les tiers (créanciers, partenaires, administration) de la dissolution de l'EURL, un avis de dissolution doit être publié dans un journal d'annonces légales (JAL) du département du siège social. Cette publication est une formalité obligatoire et conditionne le dépôt du dossier au Guichet unique. Vous trouverez plus de détails sur les exigences de cette publication sur notre page dédiée à l'annonce légale de dissolution/.

Le dépôt du dossier au Guichet unique

Une fois l'avis de dissolution publié, le dossier complet doit être déposé en ligne via le Guichet unique des formalités des entreprises. Ce portail centralise toutes les démarches de création, modification et cessation d'activité des entreprises. Le dépôt doit être effectué dans un délai d'un mois suivant la date de l'acte de dissolution.

La décision de dissolution : l'acte fondateur

La dissolution d'une EURL prend effet à la date fixée par l'associé unique dans sa décision. Il est essentiel que cette décision soit consignée dans un procès-verbal de dissolution.

Rédaction du procès-verbal de dissolution

Le procès-verbal (PV) de dissolution est un document juridique qui atteste de la volonté de l'associé unique de mettre fin à l'existence de l'EURL. Il doit impérativement contenir les informations suivantes :

  • L'identité de l'associé unique (nom, prénom, adresse).
  • La dénomination sociale de l'EURL, sa forme juridique, le montant de son capital social, l'adresse de son siège social, son numéro SIREN et le lieu de son immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).
  • La décision unilatérale de dissolution anticipée de l'EURL.
  • La date d'effet de la dissolution.
  • La nomination du liquidateur, qu'il s'agisse de l'associé unique lui-même ou d'une tierce personne.
  • L'adresse du siège de la liquidation, qui peut être le siège social de la société ou le domicile du liquidateur.
  • La cessation des fonctions du gérant à compter de la date d'effet de la dissolution.
  • La mention que la personnalité morale de l'entreprise subsiste pour les besoins de la liquidation jusqu'à la publication de la clôture de celle-ci.

Pour vous aider dans cette démarche, vous pouvez consulter un modèle de procès-verbal de dissolution/.

Enregistrement de l'acte de dissolution

L'acte de dissolution, s'il constate un boni de liquidation (un excédent après apurement du passif), doit être enregistré auprès du service des impôts des entreprises (SIE). Cependant, pour les dissolutions sans boni de liquidation, l'enregistrement n'est plus obligatoire et n'engendre pas de frais spécifiques depuis le 1er janvier 2020.

La nomination du liquidateur amiable

Le liquidateur est le mandataire de la société en liquidation. Sa nomination est une étape cruciale de la dissolution.

Profil et missions du liquidateur

Dans une EURL, le liquidateur peut être l'associé unique lui-même, le gérant en fonction, ou une tierce personne. La décision de nomination doit être prise par l'associé unique et consignée dans le procès-verbal de dissolution.

Les missions du liquidateur amiable sont définies par la loi et les statuts de la société. Elles comprennent principalement :

  • La réalisation de l'actif : vente des biens de l'entreprise (matériel, stocks, immobilier, etc.).
  • Le recouvrement des créances de la société.
  • L'apurement du passif : paiement de toutes les dettes de l'entreprise (fournisseurs, impôts, salaires, etc.).
  • L'établissement des comptes de liquidation.
  • La convocation de l'associé unique pour approuver les comptes de liquidation et prononcer la clôture de la liquidation.

Le liquidateur doit agir dans l'intérêt de la société et rendre compte de sa gestion à l'associé unique. Pour en savoir plus sur ce rôle, consultez notre page dédiée au liquidateur amiable/.

Durée du mandat du liquidateur

Le liquidateur est nommé pour une durée déterminée, qui ne peut excéder trois ans. Cependant, ce mandat peut être renouvelé par décision de l'associé unique si les opérations de liquidation ne sont pas achevées dans ce délai.

La publication de l'avis de dissolution

La publicité de la dissolution est une formalité essentielle pour informer les tiers de la situation de l'EURL.

Contenu de l'annonce légale

L'avis de dissolution doit être publié dans un journal d'annonces légales (JAL) du département où se trouve le siège social de l'EURL. Il doit contenir les informations suivantes :

  • La dénomination sociale de l'EURL, suivie de sa forme juridique (EURL).
  • Le montant du capital social.
  • L'adresse du siège social.
  • Le numéro SIREN et le RCS d'immatriculation.
  • La cause de la dissolution (décision de l'associé unique).
  • La date de la décision de dissolution.
  • Le nom, le prénom et l'adresse du liquidateur désigné.
  • L'adresse du siège de la liquidation.

Coût de l'annonce légale

Le coût de la publication d'une annonce légale de dissolution est forfaitaire. Il est fixé par arrêté ministériel chaque année. Pour l'année 2026, l'arrêté ministériel du 19 novembre 2025 modifiant l'arrêté du 19 novembre 2021 indique un tarif de 111 € HT pour les modifications de statuts en métropole (zone standard) et 129 € HT pour les zones majorées (Corse, La Réunion, Mayotte, Guyane, Martinique, Guadeloupe). Ce tarif inclut la modification de statuts pour la dissolution. Il est essentiel de vérifier le tarif applicable au moment de la publication auprès du journal habilité.

Le dossier de dissolution à déposer au Guichet unique

Le dépôt du dossier de dissolution s'effectue exclusivement en ligne via le Guichet unique des formalités des entreprises de l'INPI (https://www.inpi.fr/formalites-entreprises/guichet-unique, page publiée le 23 août 2024). Ce dossier doit être complet pour éviter tout rejet ou demande de complément.

Documents à joindre

Les pièces justificatives à fournir pour la déclaration de dissolution d'une EURL sont les suivantes :

  • Un exemplaire du procès-verbal de dissolution, certifié conforme par le liquidateur, portant la signature de l'associé unique.
  • L'attestation de parution de l'avis de dissolution dans un journal d'annonces légales.
  • Une déclaration sur l'honneur de non-condamnation et de filiation du liquidateur, datée et signée par ce dernier.
  • Une copie de la pièce d'identité du liquidateur (carte nationale d'identité, passeport, titre de séjour).
  • Si le liquidateur est une personne morale, un extrait Kbis ou un document équivalent de moins de trois mois.
  • Le formulaire de déclaration de modification (ex-M2), complété et signé (bien que la saisie se fasse désormais directement sur la plateforme du Guichet unique, les informations requises sont les mêmes).

Vous pouvez retrouver la liste exhaustive des documents à fournir sur notre page dédiée aux documents de dissolution/.

Délai de dépôt

Le dossier doit être déposé au Guichet unique dans le mois suivant la date de l'acte de dissolution. Le respect de ce délai est important pour la régularité de la procédure.

Le coût de la dissolution d'une EURL

La dissolution d'une EURL engendre plusieurs types de frais, dont le montant peut varier.

Frais obligatoires

  • Coût de l'annonce légale : Comme mentionné précédemment, le coût est forfaitaire et fixé par arrêté ministériel (111 € HT en métropole standard pour 2026, selon l'arrêté ministériel du 19 novembre 2025).
  • Émoluments du greffe : Le dépôt du dossier de dissolution au Guichet unique entraîne des frais de greffe (émoluments du greffe) pour l'inscription modificative au RCS. Le montant de ces émoluments est à vérifier auprès du greffe compétent au moment du dépôt, car il est fixé par arrêté ministériel et peut faire l'objet de modifications. Ces frais comprennent généralement les émoluments pour l'inscription modificative et les frais de dépôt d'actes.

Coûts additionnels éventuels

  • Frais d'accompagnement : Si vous faites appel à un professionnel (expert-comptable, avocat, plateforme juridique en ligne) pour vous accompagner dans les formalités de dissolution, des honoraires seront à prévoir. Ces coûts varient considérablement en fonction du prestataire et de l'étendue des services.
  • Frais d'enregistrement de l'acte de dissolution : Si l'acte de dissolution constate un boni de liquidation, il devra être enregistré et des droits d'enregistrement seront dus.

Pour une estimation plus précise des dépenses, vous pouvez consulter notre page sur le coût de la dissolution/.

Les délais et effets de la dissolution

Une fois la dissolution prononcée et les formalités accomplies, la situation juridique de l'EURL évolue.

Délai de traitement par le Guichet unique

Après le dépôt du dossier complet au Guichet unique, le greffe du tribunal de commerce (ou la chambre des métiers et de l'artisanat pour certaines activités) traite la demande. Les délais de traitement peuvent varier, mais sont généralement de quelques jours à quelques semaines. Une fois la formalité validée, l'EURL reçoit un nouvel extrait Kbis mentionnant sa mise en liquidation.

Effets juridiques de la dissolution

La dissolution marque la fin de l'activité normale de l'EURL. Cependant, la personnalité morale de la société ne disparaît pas immédiatement. Elle est maintenue pour les besoins de la liquidation, ce qui signifie que l'EURL conserve sa capacité juridique pour accomplir les actes nécessaires à sa liquidation (vente des actifs, paiement des dettes, recouvrement des créances, etc.).

À partir de la date d'effet de la dissolution, la mention "société en liquidation" doit figurer sur tous les documents émanant de l'EURL (factures, courriers, etc.), ainsi que sur son extrait Kbis.

Le liquidateur dispose d'un délai maximal de deux ans, à compter de la date de dissolution, pour clôturer les opérations de liquidation. Au-delà de ce délai, il peut être demandé une prorogation au tribunal.

Les obligations de l'EURL en période de liquidation

Même en phase de liquidation, l'EURL reste soumise à certaines obligations légales, comptables et fiscales.

Obligations légales et administratives

Le liquidateur est tenu de convoquer l'associé unique au moins une fois par an pour lui rendre compte de sa gestion et de l'avancement des opérations de liquidation. Il doit également établir des comptes annuels pendant toute la durée de la liquidation.

Obligations comptables et fiscales

L'EURL doit continuer à tenir une comptabilité régulière jusqu'à la clôture de la liquidation. Elle reste assujettie aux impôts et taxes habituels (TVA, impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenu si l'associé unique a opté pour ce régime) jusqu'à la date de cessation d'activité effective, qui correspond généralement à la date de clôture de la liquidation.

Prochaine étape : la liquidation de l'EURL

La dissolution n'est que la première étape de la fermeture de l'EURL. Elle est suivie par la phase de liquidation, qui est l'étape opérationnelle de réalisation de l'actif et d'apurement du passif.

Une fois les opérations de liquidation terminées (tous les actifs vendus, toutes les dettes payées et toutes les créances recouvrées), le liquidateur établit les comptes définitifs de liquidation. Ces comptes sont soumis à l'approbation de l'associé unique, qui prononce alors la clôture de la liquidation.

Cette dernière étape donne lieu à une nouvelle série de formalités, notamment la publication d'un avis de clôture de liquidation et le dépôt du dossier de radiation au Guichet unique. Vous pouvez trouver des informations détaillées sur cette phase sur notre page consacrée à la liquidation amiable/.

Points de vigilance avant de commencer la dissolution

Avant d'engager les démarches de dissolution de votre EURL, il est recommandé de vérifier plusieurs points pour anticiper d'éventuelles difficultés :

  • Situation financière : Assurez-vous que l'EURL est en mesure de faire face à ses dettes. Si la situation est irrémédiablement compromise, une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire pourrait être plus appropriée.
  • Contrats en cours : Identifiez tous les contrats (fournisseurs, clients, bail commercial, contrats de travail) qui devront être résiliés ou transférés.
  • Régularisation des comptes : Veillez à ce que les comptes annuels de l'EURL soient à jour et approuvés avant la décision de dissolution.
  • Conseil : N'hésitez pas à solliciter les conseils d'un expert-comptable ou d'un avocat, surtout si la situation de votre EURL est complexe.