Guide pratique
Carte de séjour pluriannuelle : conditions et durée
Carte de séjour pluriannuelle : conditions (CIR, examen civique, niveau A2 en français), durée 2 ou 4 ans selon le motif, timbre 350 € et démarche ANEF.

Relevé préalable des sources officielles
- Service Public — Carte de séjour pluriannuelle (F35799), fiche vérifiée le 1er mai 2026. Source principale pour les conditions, les durées par motif, le timbre et la fenêtre de renouvellement.
- Légifrance — CESEDA, articles L433-1 à L433-7, version en vigueur consultée le 26 août 2026. Chapitre « Conditions de renouvellement des titres de séjour ». Deux articles sont décisifs pour la pluriannuelle et récemment modifiés : L433-4 et L433-6, tous deux issus de la LOI n° 2024-42 du 26 janvier 2024, article 20, en vigueur le 1er janvier 2026.
- ANEF — Administration numérique des étrangers en France, plateforme officielle de dépôt en ligne à laquelle la fiche F35799 renvoie pour la demande.
- OFII — Contrat d’intégration républicaine, organisme mentionné par la fiche officielle pour la formation civique et le parcours d’intégration attaché au CIR.
Deux précisions à poser d’emblée. D’abord, la carte pluriannuelle « générale » décrite ici est distincte du titre carte talent (également pluriannuelle mais soumise à ses propres règles) et de la carte « vie privée et familiale ». Ensuite, un montant de 225 € pour son timbre fiscal circule sur des pages tierces : la fiche F35799 vérifiée le 1er mai 2026 n’indique pas cette valeur. Les montants qu’elle publie sont rappelés plus bas.
Le principe : après une année régulière, une carte plus longue
La carte pluriannuelle est le titre qui suit, pour la plupart des motifs de séjour, un premier titre annuel ou un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS). Elle n’est pas une reconduction automatique — elle relève d’une demande qui obéit à des règles distinctes du simple renouvellement d’un titre de séjour annuel. Elle sanctionne un premier passage régulier en France, doublé de l’exécution des engagements pris lors de l’entrée : formation civique, formation linguistique, et respect des conditions du titre initial.
L’accès est prévu par l’article L433-4 du CESEDA. Sa version actuellement en vigueur résulte de la loi du 26 janvier 2024 et s’applique depuis le 1er janvier 2026. C’est le point d’entrée pédagogique : avant d’engager la démarche, il faut vérifier que la version 2026 de l’article s’applique bien à sa propre situation, plutôt que de raisonner sur des exigences plus anciennes.
Qui peut demander la carte pluriannuelle ?
L’article L433-4 réserve la première pluriannuelle aux étrangers qui, après une première année de séjour régulier, remplissent l’ensemble des conditions suivantes :
- participation assidue aux formations civiques ;
- résultat minimum à l’examen prévu par l’article L413-3 du CESEDA ;
- connaissance suffisante de la langue française ;
- accès aux cours d’apprentissage gratuits prévus pour cet objectif ;
- maintien des conditions qui avaient permis la délivrance du titre initial.
L’article L433-5 exclut de cette voie certains titulaires : cartes « travailleur temporaire », « visiteur », « jeune au pair », « stagiaire » et la carte « vie privée et familiale » lorsqu’elle est délivrée sur le fondement des articles L. 425-1, L. 425-6 ou L. 425-7. Ces titres suivent des règles de renouvellement qui leur sont propres, sans passage systématique par la pluriannuelle générale.
Deux conséquences pratiques :
- Un titulaire d’une carte « vie privée et familiale » doit d’abord vérifier sur quel fondement elle a été délivrée. Elle n’est exclue de L433-4 que si son fondement est L. 425-1, L. 425-6 ou L. 425-7. Sur un autre fondement — notamment conjoint de Français ou parent d’enfant français — la carte VPF n’entre pas dans les exclusions de L433-5, et l’accès à la pluriannuelle par L433-4 n’est pas fermé par cet article.
- Un changement de motif de séjour reste possible pendant la première année : l’article L433-6, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2026, prévoit la délivrance du titre demandé lorsque les conditions du nouveau motif sont réunies, sans opposer l’article L412-1 ; pour une première pluriannuelle, il faut justifier des critères de L433-4 (1° et 2°).
Le rôle du CIR et de l’examen civique
Le Contrat d’intégration républicaine (CIR) est le cadre dans lequel se déroulent, pour la première année, la formation civique et, le cas échéant, la formation linguistique. La fiche F35799 exige que le demandeur puisse justifier de « l’assiduité et le sérieux de [sa] participation aux formations ». Ce n’est pas l’accomplissement du CIR en tant que contrat signé qui est apprécié : c’est l’engagement réel du titulaire dans les formations qu’il prévoit.
Un examen civique s’y ajoute pour l’accès à la pluriannuelle. La fiche mentionne explicitement l’examen « mention « carte de séjour pluriannuelle » ». Les personnes de plus de 65 ans en sont dispensées d’après la même fiche.
Le point 2026 tient ici en deux détails cités par la fiche :
- un arrêté du 22 décembre 2025 fixe des modalités linguistiques applicables à cette procédure ;
- les modalités de l’examen civique renvoient à des textes récents, dont la fiche renvoie explicitement à la période d’octobre 2025.
Ces textes sont susceptibles d’être précisés par des instructions ou d’être eux-mêmes modifiés. La règle à appliquer par un candidat qui prépare la demande est donc de vérifier, sur la fiche officielle à jour, quel est le niveau exigé et quelle est la version de l’examen applicable au jour du dépôt.
Le niveau de langue en 2026
D’après la fiche F35799 vérifiée le 1er mai 2026, le demandeur doit « attester de [sa] connaissance de la langue française à un niveau A2 » pour une première pluriannuelle, avec dispense au-delà de 65 ans.
Deux précautions à rappeler :
- La loi du 26 janvier 2024 a relevé certaines exigences linguistiques dans d’autres procédures d’immigration et d’intégration. Le niveau A2 lu ci-dessus est celui indiqué par F35799 à la date de vérification. Il faut lire de nouveau la fiche officielle au jour du dépôt.
- La justification d’un niveau se fait selon les modalités que fixent l’arrêté et les textes d’application. Un certificat obtenu en dehors du dispositif prévu n’a pas nécessairement la valeur exigée.
Combien de temps dure la carte pluriannuelle ?
La durée du titre dépend du motif de séjour. Les valeurs ci-dessous sont celles indiquées par la fiche F35799 au 1er mai 2026.
| Motif de séjour | Durée du titre pluriannuel |
|---|---|
| Salarié | 4 ans |
| Entrepreneur / profession libérale | 4 ans |
| Regroupement familial | 4 ans |
| Conjoint de Français | 2 ans maximum |
| Parent d’enfant français | 2 ans maximum |
| Étranger malade | 2 ans maximum |
| Étudiant | Durée du cursus, dans la limite de 4 ans |
Ces durées ne sont pas assemblables. Un titulaire d’un premier titre « conjoint de Français » ne peut pas obtenir une carte pluriannuelle générale de quatre ans en cochant les conditions générales ; sa fiche officielle donne le régime spécifique. De la même manière, la mention « talent » ne relève pas de ce tableau : elle a sa fiche à part (F16922) et ses propres règles.
La démarche : préparer, déposer sur ANEF, régler le timbre
1. Vérifier son éligibilité. Contrôler que l’on entre dans le champ de L433-4, hors exclusions de L433-5, et que la version 2026 de l’article s’applique à sa situation.
2. Rassembler les pièces. État civil, justificatifs de séjour régulier, attestation d’assiduité au CIR, résultat de l’examen prévu à L413-3, justificatif du niveau de langue, pièces spécifiques au motif de séjour. La fiche F35799 donne le détail applicable à chaque motif.
3. Déposer la demande sur ANEF. La plateforme est la voie de dépôt indiquée par F35799. Le compte, la mention du motif et le paiement du timbre s’y effectuent.
4. Régler le timbre fiscal. D’après la fiche F35799 au 1er mai 2026, les tarifs sont distincts entre première délivrance et renouvellement :
- Première délivrance : 350 € en cas général (taxe de 300 € + droit de timbre de 50 €). Réduit à 150 € pour un étudiant, un étudiant en programme de mobilité, ou un titulaire de carte « vie privée et familiale » attribuée pour rente d’accident du travail.
- Renouvellement : 250 € en cas général. Réduit à 100 € (droit de timbre de 50 € + 50 €) pour ces mêmes publics.
Le montant de 225 € cité sur des pages tierces ne correspond à aucun de ces tarifs publiés par la fiche officielle.
5. Suivre le dossier. Un rendez-vous préfectoral peut suivre pour la remise du titre. Selon la préfecture, une prise d’empreintes est organisée à ce moment-là.
Le renouvellement
D’après la fiche F35799 au 1er mai 2026, la demande de renouvellement se dépose « dans les 2 mois précédant la fin de validité » de la carte. Cette formule est spécifique à cette pluriannuelle : la fenêtre à quatre mois qui vaut pour la mention « talent » (fiche F16922 au 1er juin 2026) ne s’y applique pas. Une exception apparaît pour les étudiants, pour qui la fiche mentionne le dépôt via ANEF « au plus tôt 4 mois et au plus tard 2 mois avant la fin de validité ».
Un point utile relevé sur le CESEDA à la date de vérification : l’article L433-3 distingue deux cas pour la régularité du séjour en cas de dépassement.
- Son premier alinéa autorise, dans la limite de trois mois, la justification par présentation de la carte expirée pour « une carte de séjour pluriannuelle d’une durée de quatre ans, une carte de résident ou un titre de séjour d’une durée supérieure à un an ».
- Son second alinéa étend cette faculté aux titres de séjour temporaires et aux pluriannuelles autres que quatre ans, dans les seuls départements dont la liste est fixée par arrêté.
Autrement dit, la latitude offerte au titulaire d’une carte expirée dépend à la fois de la durée de son titre et du département de résidence. Un renouvellement tardif ne se traite pas de la même manière partout, la loi elle-même le prévoit.
Après la pluriannuelle : la carte de résident
L’article L433-7 du CESEDA prévoit qu’un étranger admis en France au titre d’un visa de long séjour, d’une carte temporaire ou d’une carte pluriannuelle peut solliciter, à l’échéance, l’une des cartes de résident énumérées par le code, sauf les exceptions de l’article L426-18.
Le passage n’est pas automatique. Il suppose que les conditions propres à la carte de résident demandée soient réunies : durée de résidence régulière, ressources, intégration, etc. La fiche F35799 renvoie ces conditions à la fiche spécifique de la carte de résident concernée, sans les résumer. À vérifier auprès de la préfecture au moment de la demande, plutôt que de partir d’une source non datée.
Ce qu’il faut retenir
La carte pluriannuelle est le titre qui prolonge, pour la plupart des motifs de séjour, un premier titre annuel ou un VLS-TS. Elle s’obtient après une première année régulière si le CIR a été suivi sérieusement, l’examen civique passé, et le niveau de langue justifié (A2 d’après F35799 vérifiée le 1er mai 2026, arrêté du 22 décembre 2025 précisant les modalités). Sa durée est de deux ou quatre ans selon le motif, son timbre à la première délivrance est de 350 € (300 € de taxe et 50 € de droit), et sa demande passe par ANEF. Le renouvellement se prépare deux mois avant la fin de validité — quatre mois pour les étudiants. La carte de résident, au terme, ne se déduit pas de la pluriannuelle : elle a ses propres conditions à vérifier. Quatre articles du CESEDA à connaître pour situer sa propre situation : L433-4 pour l’accès, L433-5 pour les exclusions, L433-6 pour le changement de motif et L433-7 pour l’accès à la carte de résident, tous à jour de la loi du 26 janvier 2024.
Dernière vérification des sources officielles citées : 26 août 2026.




